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Expertiser à l’international : conjuguer technicité et mode projet

Expertise

Expertiser à l’international, c’est tout d’abord accompagner les clients assureurs et assurés Grands Risques partout dans le monde pour intervenir lorsqu’une de leurs entités assurées subit un sinistre. Dans un contexte géopolitique international complexe où les réglementations assurantielles locales s’appliquent, les professionnels de l’assurance et leurs assurés doivent pouvoir s’appuyer sur des Experts d’Assurance conjuguant connaissance fine du pays, rapidité d’intervention et technicité. Ainsi, les assureurs souhaitent pouvoir compter sur un service global allant de la prévention des risques à la réparation des sinistres. Coup de projecteur des principales compétences requises pour expertiser à l’international avec Béatrice Grandury, Directrice Internationale du département Entreprise de Stelliant Expertise.

Sinistres internationaux : une mobilisation rapide nécessaire

Aujourd’hui, les assurés concernés par les sinistres internationaux sont essentiellement des entreprises (source Argus de l’Assurance 2021), pour lesquelles les méthodes expertales à mettre en place doivent correspondre à leurs besoins.   

Avant toute chose, lorsque l’on parle de sinistres « internationaux » pour des entreprises Françaises, il faut connaître le contexte assurantiel dans lequel le sinistre s’inscrit : police locale complétée si besoin par l’intervention d’une Mastère ou LPS (Libre Prestations de Service) en Europe. Le rôle de l’Expert Français respectera le schéma assurantiel en vigueur dans le contexte précis du sinistre.

L’expertise à l’international doit être vue sous deux prismes différents :

  • Les dossiers « export » : des sinistres ayant eu lieu à l’étranger confiés par des assureurs français.
  • Les dossiers « import » : des sinistres ayant lieu en France, confiés par des assureurs étrangers.

La complexité pour un « dossier export » réside dans le fait qu’au-delà de la France, assurance et expertise ne se pratiquent pas selon les mêmes règles. Possibilités ou non de recours, existence ou non de conventions entre assureurs, intervention ou non des pouvoirs publics, périmètre des garanties … autant d’éléments variant d’un pays à l’autre.

International : une spécificité assurantielle

Intervenir dans le cadre de ces « dossiers export » nécessite, outre des compétences pointues, la capacité si besoin d’intervenir depuis la France mais aussi d’avoir un réseau compétent, étendu et fiable de correspondants locaux pour être rapidement au plus près de l’assuré en local et au fait des pratiques en vigueur à l’étranger. Au-delà de l’aspect purement technique, la complexité de ces dossiers requiert également une équipe pluridisciplinaire. En effet, puisque le rôle de l’expert varie d’un pays à l’autre, il est nécessaire d’avoir à sa disposition des équipes multi-compétences. 

Dans ce cadre, l’expert français doit s’adapter aux différentes réglementations en vigueur en fonction du pays dans lequel le sinistre s’est produit. De plus, l’expertise à l’international demande une compréhension fine de la stratégie du dossier ainsi qu’une parfaite connaissance des spécificités sectorielles des pays où le sinistre s’est déclaré. 

Prenons l’exemple d’un incendie industriel dans un pays peu habitué à faire appel à des sociétés de décontamination. Dans cette situation, où l’objectif est de gagner un maximum de temps, l’expert doit pouvoir prendre en compte cet aspect logistique en amont pour proposer rapidement des solutions. Il est même parfois nécessaire, compte tenu de l’ampleur et de la complexité de la situation, de missionner un maître d’œuvre pour les opérations de décontamination.  

Les experts sont donc les « yeux et les oreilles » des assureurs sur les lieux des sinistres. Compte tenu des enjeux qui peuvent être importants, l’utilisation du mode projet en s’appuyant sur un correspondant local maîtrisant les polices d’assurance et les réglementations locales, est d’autant plus pertinente. En plus de faciliter et fluidifier les échanges entre les intervenants, le correspondant local est une des clés de voûte du succès des missions internationales si le sinistre est couvert localement.

Bénéficier de multiples compétences humaines, réglementaires et sectorielles

Bien que les réglementations et que le rôle de l’expert soient différents d’un pays à l’autre, la résolution d’un dossier à l’international repose essentiellement sur deux points : une communication régulière entre les intervenants ainsi qu’une bonne qualité d’échanges entre experts et gestionnaires de dossiers.

Les qualités requises sur ce type de dossiers sont, notamment par le biais de plusieurs années de pratique de l’expertise à l’étranger, savoir faire preuve de proximité avec l’assuré ainsi que de pédagogie, des compétences techniques pointues, une maîtrise des programmes d’assurance internationaux, une pratique courante de langues étrangères, une capacité de synthèse et de décision, une ouverture d’esprit ainsi qu’un bon relationnel… : autant de qualités qui font de l’expert sans frontières un atout décisif pour les professionnels de l’assurance et leurs assurés.